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Baromètre 2025 de la Performance Énergétique : Une Trajectoire de Décarbonation à Réaccélérer

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Introduction : Un bilan mitigé pour 2024

L’édition 2025 du Baromètre de la Performance Énergétique et Environnementale des Bâtiments, publié par l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID), dresse un constat préoccupant pour le secteur immobilier français. Après plusieurs années de baisse continue, les consommations énergétiques ont marqué le pas en 2024, et pour certaines typologies, la tendance s’est même inversée.

Les chiffres de 2024 révèlent que le secteur immobilier n’a pas su capitaliser sur les efforts de sobriété des années précédentes, remettant en question l’atteinte des objectifs du décret tertiaire fixés pour 2030 : -40% de consommations par rapport à la période 2010-2019.

Le ralentissement observé s’explique en partie par la baisse des prix de l’énergie et le contrecoup des efforts de sobriété, mais souligne surtout l’urgence de redoubler d’efforts pour remettre la décarbonation sur les rails.

Bureaux : Un ralentissement inquiétant de la baisse des consommations

Des performances qui stagnent

Le secteur des bureaux, longtemps exemplaire dans sa trajectoire de réduction, affiche en 2024 des résultats décevants. La consommation énergétique finale moyenne s’établit à 126 kWh/m²/an, soit une baisse de seulement 1,6% par rapport à 2023 (contre -5,9% l’année précédente). Ajustée des variations climatiques, cette baisse se réduit même à 0,7%.

Les émissions de GES moyennes atteignent 10,7 kgCO₂eq/m²/an, confirmant un ralentissement préoccupant de la décarbonation.

Un écart croissant avec les objectifs 2030

La projection réalisée à partir des données de l’OID est sans appel : au rythme actuel, le parc de bureaux n’atteindra pas les objectifs du décret tertiaire. Pour y parvenir, le rythme de baisse des consommations doit doubler. En 2024, la baisse cumulée depuis la période de référence 2010-2019 s’établit à -16,2%, alors qu’il faudrait atteindre -40% en 2030.

Plus préoccupant encore, si l’on intègre les nouvelles surfaces construites chaque année (+1% par an), la consommation totale du parc n’a diminué que de 9,7% sur la période, très loin de la trajectoire nécessaire.

L’impact positif de la RT 2012

L’analyse par période de construction révèle néanmoins des avancées significatives : les bâtiments construits après 2013 (sous RT 2012 et RE2020) affichent une consommation finale moyenne de 99 kWh/m²/an et des émissions de 7,4 kgCO₂eq/m²/an, soit respectivement 21% et 31% de moins que le parc antérieur à 2012.

Centres Commerciaux : Une tendance encourageante

Découplage réussi entre fréquentation et consommation

Les centres commerciaux constituent l’une des rares bonnes nouvelles de ce baromètre. Pour la deuxième année consécutive, ils affichent une forte baisse des consommations alors même que leur fréquentation augmente.

La consommation énergétique moyenne (périmètre bailleur) s’établit à 134 kWh/m²/an, en baisse de 11,3% à climat constant par rapport à 2023. Les émissions de GES atteignent 14,5 kgCO₂eq/m²/an, confirmant une trajectoire de décarbonation positive.

Des marges de progression identifiées

Cette performance démontre l’existence de gisements d’économies d’énergie importants et exploitables, principalement sur le chauffage et la climatisation des parties communes. Environ 73% des centres commerciaux ont une consommation inférieure à 150 kWh/m²/an, se rapprochant ainsi des objectifs 2030 du décret tertiaire (75-150 kWh/m²/an selon les zones climatiques).

Commerces de Détail : Alimentaire vs Non-Alimentaire

Une première analyse différenciée

Le baromètre 2025 présente pour la première fois des indicateurs spécifiques aux commerces de détail, distinguant les commerces alimentaires des commerces non-alimentaires.

Commerces alimentaires (supermarchés, supérettes, épiceries)Commerces non-alimentaires (équipement de la maison, vêtements, bricolage)
Consommationfinale302 kWh/m²/an (-2,2% à climat constant)110 kWh/m²/an (-2,5% à climat constant)
Émissions de GES25,0 kgCO₂eq/m²/an8,2 kgCO₂eq/m²/an

Des usages très différenciés

L’écart significatif entre ces deux catégories s’explique par la présence d’équipements énergivores dans les commerces alimentaires : zones de vente de produits frais et surgelés, espaces de cuisson, etc. Malgré ces contraintes, la baisse observée en 2024 témoigne d’efforts de rationalisation énergétique.

Hôtels : Une stabilisation décevante

Des consommations qui suivent la fréquentation

Le secteur hôtelier affiche une consommation énergétique moyenne de 161 kWh/m²/an (-1,2% à climat constant), pour des émissions de 16,6 kgCO₂eq/m²/an. Cette légère baisse accompagne une diminution de 2,4% des nuitées en 2024, après deux années de reprise post-Covid.

La tendance encourageante de 2023 (hausse de l’activité mais baisse de la consommation) s’essouffle donc, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts de sobriété.

De fortes disparités selon le standing

L’analyse par classement révèle des écarts considérables :

Hôtels 1 étoileHôtels 2-3 étoilesHôtels 4-5 étoiles
164 kWh/m²/an146 kWh/m²/an194 kWh/m²/an
15,6 kgCO₂eq/m²/an14,5 kgCO₂eq/m²/an21,9 kgCO₂eq/m²/an

Rapportée au nombre de chambres plutôt qu’à la surface, la consommation d’un hôtel haut de gamme est en moyenne 3 fois supérieure à celle d’un hôtel économique, soulignant l’impact environnemental plus élevé des établissements luxueux.

Logistique : Une hausse contre-tendance

Un rebond préoccupant

Le secteur logistique enregistre une hausse de 4,7% de sa consommation énergétique à climat constant, pour atteindre 65 kWh/m²/an en moyenne. Les émissions de GES remontent également à 5,7 kgCO₂eq/m²/an.

Cette évolution, cohérente avec la hausse du transport routier de marchandises (+3%) et des volumes de ventes, contraste avec les ambitions du décret tertiaire et de la loi APER sur la solarisation des entrepôts.

Des différences importantes selon le type de stockage

L’analyse par catégorie révèle des profils énergétiques très contrastés :

Stockage non chaufféStockage chaufféStockage en froid
19 kWh/m²/an61 kWh/m²/an127 kWh/m²/an
1,5 kgCO₂eq/m²/an5,7 kgCO₂eq/m²/an11,7 kgCO₂eq/m²/an

Ces écarts soulignent l’impact majeur des équipements frigorifiques et des besoins thermiques sur la performance énergétique.

Hôpitaux et Cliniques : Une décarbonation qui ralentit

Des efforts qui se poursuivent mais ralentissent

Les hôpitaux et cliniques affichent une consommation finale moyenne de 221 kWh/m²/an (-1,3% à climat constant) et des émissions de 30,6 kgCO₂eq/m²/an (-2,5%).

Si la trajectoire de décarbonation se poursuit, son rythme ralentit nettement par rapport à 2023 (-5,2%), dans un contexte de reprise progressive de l’activité post-Covid.

Des usages très différenciés

La distinction entre établissements de soins intensifs (MCO) et soins non-intensifs (SMR, psychiatrie) révèle des écarts significatifs :

Soins intensifsSoins non-intensifs
273 kWh/m²/an178 kWh/m²/an
33,8 kgCO₂eq/m²/an28,0 kgCO₂eq/m²/an

L’écart de 53% sur les consommations s’explique par les équipements médicaux énergivores (blocs opératoires, stérilisation, imagerie). Cet écart se réduit à 21% sur les émissions, les consommations électriques additionnelles bénéficiant du mix électrique français décarboné.

EHPAD et EMS : Un découplage encourageant

Une trajectoire positive

Les EHPAD et établissements médico-sociaux constituent l’un des bons élèves de ce baromètre. Leur consommation finale s’établit à 142 kWh/m²/an (-2,6% à climat constant), pour des émissions de 18,9 kgCO₂eq/m²/an (-3,1%).

Baisse des consommations malgré la hausse d’occupation

Fait remarquable : cette baisse intervient alors que le taux d’occupation des EHPAD continue d’augmenter en 2024. Ce découplage entre activité et consommations témoigne de la mise en place de pratiques de gestion énergétique plus efficaces et d’efforts de sobriété maintenus dans la durée.

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Source : Baromètre 2025 de la Performance Énergétique et Environnementale des Bâtiments, Observatoire de l’Immobilier Durable (OID), décembre 2025.

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