Quel est l’impact des équipements CVC sur un bâtiment ?
Les équipements CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation) constituent l’épine dorsale du confort et de la performance énergétique d’un bâtiment. Leur mission est double : assurer le confort thermique des occupants grâce à une régulation précise de la température, et contribuer au renouvellement et à la circulation de l’air intérieur, lorsque des systèmes de ventilation sont présents.
Un poids majeur dans le bilan énergétique
Les systèmes CVC constituent le premier poste de consommation énergétique des bâtiments tertiaires et résidentiels. À titre indicatif, la répartition des consommations observée est généralement la suivante :
- 56% pour le chauffage, qui reste de loin le poste le plus énergivore, particulièrement dans les bâtiments anciens ou mal isolés,
- 19% pour la climatisation, dont l’usage ne cesse de croître avec l’intensification des épisodes de canicule,
- 14% pour la ventilation, souvent sous-estimée mais indispensable à la santé des occupants.
L’ensemble de ces usages peut ainsi représenter jusqu’à 80 à 90 % de la consommation énergétique totale d’un bâtiment tertiaire, selon ses caractéristiques et ses usages.
Quels sont les différents équipements CVC ?
Les équipements CVC peuvent prendre différentes formes et remplissent différentes fonctions. Il est essentiel de bien les identifier et de les comprendre afin de mettre en place un monitoring efficace et adapté à votre installation.
La chaufferie : le cœur de la production thermique
La chaufferie constitue le point central de la production de chaleur du bâtiment. Son monitoring repose principalement sur le suivi des états de fonctionnement, des défauts et des paramètres clés des équipements de production, notamment les chaudières, les brûleurs et les pompes. La supervision de ces informations permet de détecter rapidement les arrêts non prévus, les modes dégradés ou les anomalies de fonctionnement, et ainsi de limiter les interruptions de service ainsi que les dérives de consommation.
Les réseaux de chauffage : la distribution de l’énergie
Les réseaux de chauffage assurent la distribution de la chaleur produite vers les différentes zones du bâtiment. Leur monitoring repose sur le suivi des températures de départ et de retour, ainsi que des consignes de régulation appliquées aux circuits. L’analyse croisée avec la température extérieure est indispensable pour évaluer le comportement du réseau et vérifier le bon respect de la loi d’eau, laquelle adapte la température de chauffage aux conditions climatiques.
Le suivi énergétique s’appuie sur les compteurs thermiques, qui mesurent l’énergie effectivement distribuée, ainsi que sur les compteurs électriques permettant de contrôler la consommation des circulateurs assurant la mise en circulation du fluide caloporteur.
L’Eau Chaude Sanitaire (ECS) : entre confort et sécurité
La production d’eau chaude sanitaire (ECS) répond à des enjeux majeurs en matière de santé publique, de conformité réglementaire et de continuité de service. La maîtrise des températures de production et de bouclage constitue un levier central pour limiter les risques sanitaires, tout en évitant des réglages excessifs générateurs de surconsommations énergétiques.
La ventilation (VMC) : garantir la qualité de l’air
Les systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC) jouent un rôle essentiel dans le renouvellement de l’air intérieur et le maintien de conditions sanitaires satisfaisantes. Leur bon fonctionnement repose sur le suivi des états de marche ainsi que du différentiel de pression (ΔP), indicateur clé de la performance du réseau de ventilation. L’analyse de ces paramètres permet d’identifier les pertes d’efficacité, l’encrassement des filtres ou les défauts de circulation de l’air susceptibles d’altérer le confort et la santé des occupants, et d’avoir un impact sur le bâti, notamment en cas de maîtrise insuffisante de l’humidité.
Les Centrales de Traitement d’Air (CTA) : le contrôle du confort thermique
Les centrales de traitement d’air (CTA) assurent le traitement et la distribution de l’air, qu’il soit neuf ou repris, au sein du bâtiment. Leur monitoring repose sur le suivi des températures de soufflage et de reprise, ainsi que des consignes de régulation programmées. Cette surveillance permet d’évaluer la performance globale du système, d’assurer le confort des usagers et de vérifier la cohérence entre la régulation théorique et le fonctionnement réel de l’installation.
Le suivi énergétique s’appuie sur des sous-comptages incluant, le cas échéant, des compteurs électriques pour la ventilation et des compteurs thermiques sur les batteries chaudes et froides, offrant une vision globale des consommations liées au traitement de l’air.
Comment bien régler ses équipements CVC pour optimiser ses consommations énergétiques ?
Avoir des bons équipements et assurer leur maintenance
Avant même de piloter ses équipements CVC, il est important de choisir les bons équipements et de bien les dimensionner afin de pouvoir optimiser ses consommations énergétiques. Pour se permettre d’établir les bons réglages, il faut que les équipements soient pilotables sinon la mise en place d’une GTB sera inutile.
Si on prend le cas de l’ECS par exemple, l’eau doit être maintenue à une certaine température de manière constante. Il est donc essentiel que le ballon qui conserve soit bien isolé et bien dimensionné afin de pouvoir être performant car celui-ci est difficile à piloter.
Du côté du réseau de chauffage, il est nécessaire d’assurer une bonne isolation des tuyaux du réseau et des points singuliers.
Il peut ainsi, être intéressant, de mettre en place des installations sur le principe de la réutilisation. C’est le cas par exemple de :
- La récupération d’eau grise dans le chauffage permet de réutiliser l’eau chaude déjà utilisée pour la réchauffer ainsi, cela permet de moins chauffer l’eau du circuit car celle-ci a déjà été chauffée une première fois.
- La CTA double flux, quant à elle, permet de récupérer l’air et de le réutiliser. C’est notamment utiliser pour la climatisation c’est ce qu’on appelle le free cooling : on utilise l’air frais récupéré la nuit pour l’injecter pour climatiser.
Autre étape essentielle à ne surtout pas négliger pour optimiser ses consommations énergétiques : assurer la maintenance de ses équipements pour qu’ils continuent d’être performants.
Pour les pompes à chaleur (PAC) et les CTA, voici quelques astuces :
- Intégrer le remplacement des filtres de CTA tous les 6 mois dans son contrat de maintenance,
- Veiller au bon fonctionnement moteurs et les changer pour des plus performants lorsqu’ils commencent à être vieux,
- S’assurer que la vanne diffuse bien l’eau sur le réseau de manière uniforme.
Donner les bonnes consignes
Maintenant que les équipements sont bien installés, il faut bien les régler.
Cela passe tout d’abord par la mise en place de température de consignes :
- 19 C° l’hiver en journée,
- 26 C° l’été en journée.
Ces températures permettent à la fois de maintenir le confort des locataires tout en optimisant les consommations.
Cela passe également par la mise en place d’une loi d’eau pour le chauffage. Cette loi permet de réguler la température intérieure en fonction de celle extérieure grâce à la mise en place de sondes de températures. Plus il fait froid dehors, plus l’eau circulant dans le réseau est chauffée, assurant ainsi un confort constant tout en évitant les surchauffes inutiles.
Concernant la ventilation, il est possible de piloter par sonde de CO2 et ainsi de ventiler plus ou moins en fonction du ratio de particules détectées qui traduisent le taux d’occupation et ainsi ventiler que lorsque c’est nécessaire.
Le pilotage peut également se faire directement au niveau de chaque radiateur grâce à des robinets thermostatiques en imposant des températures de consignes directement sur l’organe d’émission.
Enfin, il est primordial d’installer des sondes de températures un peu partout pour veiller à ce que des dérives ne se produisent pas.
Sensibiliser les locataires
Les locataires ont, eux aussi, un rôle dans le pilotage des équipements et sont les derniers maillons de la chaîne. Il est donc essentiel de les sensibiliser aux bonnes pratiques en termes de réglages de températures que ce soit pour le chauffage ou la climatisation.
Il faut travailler ensemble un calendrier pour que la programmation de l’équipement corresponde aux temps d’occupation du bâtiment et d’optimiser un maximum les périodes d’inoccupation.
Enfin, les occupants ont généralement des télécommandes à disposition permettant de régler le chauffage ou la climatisation d’un ou deux degrés par rapport à la consigne de base. Mais il ne faut pas oublier que chaque degré compte. En effet, un degré de chauffage en moins correspond à 7% d’économie d’énergie, selon l’ADEME. C’est pourquoi, il est essentiel de les former aux bons gestes.
Bien monitorer ses équipements CVC, ce n’est pas simplement appliquer la bonne température, à la bonne heure sur la bonne zone mais tout un processus du choix d’installation de l’équipement à la prise en main des locataires.
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