Parler d’énergie renouvelable, c’est désigner une ressource énergétique qui se renouvelle plus rapidement que ce qu’elle est consommée, c’est donc une ressource inépuisable, illimitée. Selon la démarche de l’association NégaWatt, réussir sa transition énergétique, c’est tout d’abord limiter au maximum sa consommation, avant de produire sa propre énergie renouvelable.
Les solutions de production d’énergies renouvelables domestiques se démocratisent et se développent de manière exponentielle : dans l’hexagone, le nombre d’installations photovoltaïques en auto-consommation est passé de 75 à 57 632 entre 2010 et 2019 (source : observatoire de l’énergie solaire photovoltaïque en France).

A travers cet article, Citron® vous propose de découvrir les enjeux liés à la production renouvelable internalisée, des clés de réflexions autour du sujet ainsi qu’une liste de technologies existantes.

Pourquoi produire sa propre énergie ?

Maitriser ses coûts liés à l’énergie 

Les tarifs réglementés de vente de l’électricité et du gaz naturel sont amenés à disparaître à la fin de l’année pour les entreprises de plus de 10 personnes. Ces dernières seront désormais soumises aux fluctuations importantes du marché de l’énergie (34€/MWh en Déc. 2016, 62€/MWh en Sept. 2018, 37€/MWh en Mars 2020, pour le tarif base en Cal +1). La définition d’une politique à long terme sur l’achat d’énergie est de rigueur, et produire partiellement son énergie permet de maîtriser une partie de son coût.

Respecter la réglementation

La loi ELAN, parue en 2018 et mise en application par le Décret Tertiaire de 2019, définit des objectifs très ambitieux en termes d’efficacité énergétique. Elle stipule l’obligation du propriétaire et du locataire d’un site de diminuer ses consommations de 40% avant 2030, de 50% avant 2040, et de 60% avant 2050. Pour atteindre ces objectifs, certains travaux d’efficacité énergétique à engager peuvent être particulièrement onéreux et peu rentables. La production d’énergie renouvelable est une alternative très compétitive pour faciliter l’atteinte des objectifs et éviter de recourir à de lourds travaux sur le bâti.

Accentuer sa démarche verte

Les politiques RSE s’engagent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à utiliser de manière efficace et durable les ressources naturelles. Le réseau électrique français, aujourd’hui saturé, se doit d’être soulagé, et les combustibles comme le gaz naturel, le fioul ou le charbon remplacés par des systèmes de production d’énergie propre. Être acteur de ce changement permet de responsabiliser son impact environnemental et ainsi fédérer ses employés atour d’un projet commun.

Comment produire son énergie verte ?

Se poser les bonnes questions

Avoir une idée de ce que représentent les gaspillages énergétiques motivera les collaborateurs à s’impliquer dans la réduction des consommations énergétiques. Pour cela, il est nécessaire de définir une démarche d’identification et de suivi des consommations inutiles. 

Avant de produire sa propre énergie, il est nécessaire de s’assurer que l’on a réduit au maximum la quantité d’énergie que l’on consomme afin de dimensionner correctement son/ses systèmes de production. La première démarche de réflexion réside ensuite dans la caractérisation :

  • Du volume et du profil consommation : combien mon site consomme-t-il d’énergie ? A quel moment l’énergie est-elle consommée : est-ce une consommation constante ou périodique ?
  • De son prix de l’énergie : quel est mon budget annuel en énergie ? Quelle énergie est la plus chère ? Quel est le coût unitaire du kWh de chaque énergie toutes composantes confondues ?
  • De la topologie du site : quel espace avons-nous à disposition ? Quelles sont les contraintes structurelles ou juridiques limitant pour la construction d’une installation ? Quels sont les gisements naturels disponibles sur site ou dans la région ?

Liste de technologies

Les informations ci-dessous sont à titre indicatif, une étude énergétique devant être menée afin d’avoir des résultats précis.

  • Photovoltaïque en auto-consommation, avec ou sans revente de surplus : 
  1. Coût : entre 1,5 et 3€/Wc
  2. TRI (Temps de Retour sur Investissement) espéré : entre 9 et 21 ans
  • Panneaux solaires thermiques 
  1. Coût : 5000 à 7000 € pour un ballon solaire de 300L
  2. TRI espéré : entre 10 et 16 ans
  • Biomasse : chaudière ou cogénération
  1. TRI espéré chaudière : 10 ans
  2. TRI espéré cogénération : 15 – 20 ans
  • Pompe à chaleur géothermique 
  1. Coût : 200€/kW d’équipement en surface, 400€/kW de pompe à chaleur, 60€/m de forage
  2. TRI espéré : entre 10 et 20 ans
  • Puits Canadien
  1. Coût : entre 10 et 15 k€
  2. TRI espéré : entre 5 et 10 ans
  • Eoliennes de toiture
  1. Coût : 1700 €/kWc
  2. TRI espéré : entre 15 et 25 ans

Cette liste est bien entendu non-exhaustive, et nombreuses sont les contraintes influentes sur les coûts et temps de retour sur investissement. 

Construire un plan d’actions à l’échelle d’un bâtiment ou d’un parc est une opération complexe comprenant de multiples variables et possibilités. La définition d’une stratégie énergétique viable se doit d’être planifiée au plus tôt et sur le long terme. Conjuguer les actions à TRI courts et longs est important pour maximiser la rentabilité du plan d’action. Le mode de financement des travaux – en fonds propres, par emprunt, ou externalisés grâce à un contrat de performance énergétique – est également un paramètre essentiel pour l’aboutissement de votre projet. 

Si vous ne disposez pas des ressources nécessaires en interne, la meilleure solution est d’être accompagné par un expert en transition énergétique pour définir le scénario technique et économique le plus viable, et transformer la contrainte de transition énergétique en opportunité financière.

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Vincent Constant

Publié le 7 avril 2020

par Vincent Constant

ENERGY MANAGER